2 ans de rente-pont AVS

De nombreux policiers s’interrogent sur les deux années de rente-pont AVS prévues dans le cadre du régime PPP de la Caisse de pensions de l’État de Neuchâtel (CPCN).
À quoi correspondent-elles exactement ? Comment sont-elles financées ? Qui y a droit ? Et surtout : dans quelles situations peut-on les perdre ?

Cet article sur base sur un échange avec un spécialiste de la CPCN.

  1. Le principe général du régime PPP

Le régime PPP est conçu pour tenir compte de la pénibilité du métier de policier et permet un départ à la retraite à 61 ans, soit avant l’âge de référence pour recevoir une rente AVS.

Pour une carrière complète, les prestations de retraite du régime PPP atteignent environ 45 à 50% du dernier salaire brut, voire davantage grâce :

  • aux bons rendements des dernières années,
  • et aux mesures d’accompagnement mises en place.

Pour les policiers dont la carrière est plus courte (par exemple une entrée tardive à la PONE), les prestations de retraite diminuent généralement, notamment en fonction du capital de libre passage transféré à la caisse.

Dans ce cas, il reste possible d’effectuer des rachats volontaires tout au long de la carrière afin de combler les lacunes de prévoyance.

  1. Les deux ans de rente-pont AVS préfinancées : de quoi s’agit-il exactement ?

Les deux années de rente-pont AVS préfinancées servent à combler l’intervalle entre la retraite à 61 ans et le début du droit à l’AVS, soit 65 ans.

Il s’agit d’une rente mensuelle destinée à garantir une transition financière stable jusqu’au droit à l’AVS.

Ce n’est ni un capital, ni une épargne individuelle, mais une prestation de rente spécifique.

Le montant du pont AVS ne dépend pas de la durée d’affiliation à la CPCN.

Un policier affilié 10 ans au régime PPP a le même droit au pont AVS qu’un policier y étant affilié toute sa carrière.

Ça s’explique par le fait que le pont AVS est financé collectivement par les cotisants au plan PPP, selon un principe comparable à celui de l’AVS. Il n’y a ni réduction individuelle, ni rattrapage demandé à l’assuré. Le système repose sur la rotation des assurés.

Lorsque certains assurés quittent le plan avant l’âge de la retraite, d’autres y entrent ou partent à la retraite, ce qui permet de maintenir l’équilibre global du système.

  1. Comment ces deux années de rente-pont AVS sont-elles financées ?

Le financement est collectif et repose sur des cotisations plus élevées que dans le plan de base.

Cotisations comparées :

  • Plan de base : env. 22,5 %
  • Plan PPP : env. 26,8 %

Différence : + 4,3 points de pourcentage, répartis comme suit :

  • 3,5 % : bonifications de retraite supplémentaires permettant de constituer plus rapidement un capital afin de partir 3 ans plus tôt avec des prestations comparables au plan de base (âge ordinaire de la retraite : 64 ans)
  • 0,8 % : financement collectif des deux années de rente-pont AVS.

Ainsi, une partie des cotisations alimente l’avoir individuel et une autre finance collectivement le pont AVS.

  1. Comment profiter des deux années de rente-pont AVS ?

La rente-pont AVS est une prestation de rente fiscalement contrainte :

  • elle ne peut pas être différée,
  • elle ne peut pas être versée sous forme de capital,
  • elle ne peut pas être ajoutée à une prestation de sortie (libre passage).

Pour en bénéficier, il faut partir formellement à la retraite. En cas de reprise d’une activité lucrative auprès de l’État de Neuchâtel, il faut impérativement quitter l’administration au moins un mois, faute de quoi, le pont AVS de deux ans sera perdu. Pour plus d’informations, prière de se référer à cet article.

  1. Que se passe-t-il en cas de démission ou de licenciement avant la retraite ?

Démission en fin de carrière (suivie du chômage)

Certains assurés choisissent de démissionner peu avant l’âge de la retraite, puis de s’inscrire au chômage, dans le but :

  • d’éviter une retraite formelle,
  • de transformer leur avoir LPP en libre passage,
  • et de retirer plus de capital que la limite autorisée en cas de retraite (33% max).

Conséquence directe : la perte définitive des deux années de rente-pont AVS préfinancées.

La CPCN souligne clairement que cette stratégie n’est pas dans l’intérêt de l’assuré et qu’elle conduit à renoncer à une prestation collective importante, non récupérable.

Licenciement en fin de carrière

Même en cas de licenciement, la CPCN recommande un départ à la retraite :

  • partir à la retraite n’empêche pas de rechercher ou d’exercer un autre emploi,
  • mais ne pas partir à la retraite fait perdre le droit au pont AVS.

Conclusion

Le régime PPP de la CPCN offre aux policiers neuchâtelois une certaine sécurité financière entre 61 et 65 ans. Par défaut, le retraité perçoit la rente-pont AVS à son montant maximal (en 2026 : 24 x 2’520 = 60’480 CHF) pendant une durée de deux ans. Il peut toutefois choisir de répartir ce montant sur les quatre années le séparant de l’âge de référence AVS, sous la forme d’un versement lissé. Pour plus de détails, prière de se référer à cet autre article.

Les deux années de rente-pont AVS du régime PPP sont :

  • un avantage majeur du statut de policier,
  • collectivement financé,
  • indépendant de la durée individuelle de carrière,
  • mais strictement lié à un départ effectif à la retraite.

Quitter la PONE sans partir à la retraite implique une perte de ce droit.

Cette prestation est souvent mal comprise, parfois sous-estimée, et parfois perdue à la suite de décisions prises sans information complète.

Avant toute décision de démission ou de changement de plan en fin de carrière, il est indispensable de mesurer la valeur réelle de ces deux années de rente-pont AVS.

Le syndicat encourage vivement ses membres à s’informer, à demander conseil auprès de la CPCN ou directement auprès de notre membre Nicolas Gremion siégeant au conseil d’administration de la Caisse, et anticiper suffisamment tôt leur planification de retraite.